Le coeur de Thomas

  

Synopsis

"Ce lundi matin, toute l'école est en effervescence : Thomas Werner, élève de 7ème année, à été retrouvé mort le samedi précédent, tombé d'une passerelle. Alors que tous pensent à un accident Julusmole Bayhan reçoit une lettre de Thomas dans laquelle se dernier avoue s'être donné la mort parce qu'il l'aimait. Julusmole met tout de suite au courant son ami, Oscar Reiser, qui le convainc de ne rien dire. 
Tout aurait pu en rester là sans l'arrivé d'un nouvel élève, Eric Frühling, dont la ressemblance avec Thomas met en émois toute l'école et empêche Julusmole d'oublier.
Mais que s'est-il réellement passé entre Julusmole et Thomas ?"

Avis

Le cœur de Thomas est peut-être un titre dont vous n’avez jamais entendu. Et pourtant, il fait partie de ces fameux titres ayant permis un changement des mentalités, et de développer le genre du shonen-ai, puis par la suite du yaoi. Ecrit au début des années 70, autant dire que Le cœur de Thomas est plus vieux que la plupart des personnes qui liront cet article. Néanmoins, il faudra attendre 2012 pour qu’il sorte en France, dans une collection classique de chez Kazé. A cette époque, il y avait déjà de nombreux yaoi, notamment grâce à la maison d’édition Taifu.

 

 

Le cœur de Thomas est bien différent de l’ensemble des shonen-ai que j’ai pu lire. On peut voir à travers ses pages que c’est une histoire d’un autre siècle. Elle prend place dans une école pour garçon dans le sud-ouest de l’Allemagne au début du siècle, les mœurs, l’éducation et les relations entre les personnages sont donc différents, et c’est aussi une très bonne manière d’être chamboulé dans ses habitudes. C’est le genre de livre nécessitant au moins une relecture, voir plusieurs, pour capter toutes les subtilités qui nous avait échappé lors de notre découverte du livre. Comme c’est une belle briquette de plus de 400 pages grand format, sans véritable chapitre pour structurer la lecture, il est difficile de se laisser entrainer par le récit à la limite du fantastique sur certain abord, et de saisir l’ensemble du message que veut véhiculer l’auteur. Le dessin est lui aussi assez déroutant pour les habitués des nouvelles publications, avec ce trait féminin, romantique, à la limite du mystique. J’ai moi-même eu du mal à m’y habituer, mais c’est un chara-design que je trouve très bien approprié au thème de l’histoire.

D’ailleurs, ici, nous sommes sur le véritable sens du shonen-ai. Je vous ai déjà présenté plusieurs titres que les maisons d’éditions placent dans la catégorie shonen-ai simplement pour une petite relation ambiguë entre les personnages masculins. Ici, dans Le cœur de Thomas, il y a des sentiments avoués, et une connotation homosexuelle plus qu’évidente. Bien qu’étouffé par l’époque et les mentalités, on voit néanmoins de jeunes garçons en proie à diverses réflexions sur l’amour. Cela ne va pas jusqu’à la sexualité, vu leur jeune âge (entre 13 et 16 ans), de plus, l’auteur se contente d’évoquer plutôt l’aspect spirituel d’un amour, sans se soucier du charnel, ou du corps de la personne. C’est une lecture très mélancolique, que ce soit sur les thèmes abordés ou la mort d’un des personnages principaux dès les premières pages.

 

 

Je conseille Le cœur de Thomas aux personnes cherchant à lire autre chose que du yaoi. Si vous êtes de simples adeptes d’une relation hyper sexualisée, excitante ou pouvant assouvir certain de vos fantasmes, il est sûr que ce livre ne sera pas pour vous. Si vous préférez plutôt une approche plus spirituel de l’amour gay, et même de l’amour en général, que vous aimez les lectures plutôt calmes, mais qui auront tendance à vous sortir de vos habitudes, alors, foncez !

Novembre 2016

×