Ito-san

  

Synopsis

"Chaque mardi soir, un homme mystérieux nommé « Ito » rend visite à Kyosuke, un prostitué, et lui fait la conversation jusqu’à l’aube. Un jour, Ito apporte à Kyosuke une mallette pleine d’argent, et lui demande de la prendre, afin d’en faire ce qu’il veut..."

Avis

Lorsque les éditions Boy’s love idp ont annoncé Ito-chan, j’étais à la fois intriguée mais inquiète. Intriguée à me demander si nous aurions le droit à un titre sombre sur la prostitution, sujet qui me passionne (je pense notamment à Vanilla Star, Acid Town dans le genre) mais surtout inquiète, pensant à un énième navet dans le genre. Yaoi cliché, expéditif, bourré de cul et de faux sentiments en carton. Et finalement, quelle claque je me suis prise !

Ito-san est sombre comme je l’avais espéré. Sombre, glauque et malsain. En même temps, que pouvons-nous espérer de plus d’un monde tel que celui de la prostitution ? Kuraka Sui le dépeins d’une manière très pessimiste, avec un Kyosune formaté par sa vie passée à vendre son corps, et dont les rêves et espoirs ne sont plus vraiment au programme. Pourtant, l’intervention de cet étrange homme qu’est Ito-san va changer la donne. Le client qui remet en question toute la vie d’un ou une prostituée, jusqu’à lui donner envie d’arrêter son boulot, c’est déjà vu et revu. Mais ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que la mangaka ne s’arrête pas là. Elle pousse l’histoire beaucoup plus loin.

 

 

Celle-ci se complexifie, et bascule vers quelque chose d’encore plus sombre. On découvre la véritable personnalité d’Ito-san, ce qu’il fait, alors que Kyosune, à l’image de la couverture, à présent prisonnier de ses sentiments, le suit aveuglement. J’ai trouvé l’histoire bien construite, beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais. Le dénouement final et de la même veine que le reste de l’histoire, à la fois amer et acide. J’aurai néanmoins apprécier plusieurs tomes, car l’histoire avait de la gueule, elle aurait très bien pu être étoffée sans le moindre problème pour qu’on puisse en apprendre un peu plus sur le passé des deux personnages. Rajouter des ficelles scénaristiques, mais cet unique tome ne donne pas l’impression d’avoir été réalisé à la va vite malgré tout avec une fin bâclée ! La petite histoire de fin suit le même thème que la principale. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé, ce qui est rare.

 

 

Je n’ai pas été complètement séduite par le chara-design de la mangaka, mais je dois bien avouer que celui-ci est très approprié à l’univers de ce manga. J’ai trouvé les personnages vraiment... Flippants avec leurs yeux plissés, le corps maigre et rachitique de Kyosune, et à l’inverse la carrure immense d’Ito-san.

C’est un titre que je trouve donc intéressant pour les personnes pouvant apprécier ce genre de thème. Attention, il y a sang, viol, meurtre et compagnie, le joyeux mélange pour donner quelque chose de bien lugubre. Si vous n’êtes pas adeptes de tout cela, passez votre chemin. Sinon, laissez-vous tenter par Ito-san, qui saura surement vous satisfaire autant que moi !

Juillet 2016