Amour sincère

  

Synopsis

"Après que sa femme ait demandé le divorce, Naoki Oosawa se retrouve à élever sa petite fille tout seul. Il s’efforce alors d’être le meilleur père possible pour Chizu, malgré son travail chargé et la distance entre sa maison et le jardin d’enfants. Naoki est cuisinier dans un petit restaurant de quartier où M. Yoshioka vient très souvent se régaler de ses plats tout en lui faisant part de ses répétitives ruptures avec ses petits-amis. À vrai dire, Yoshioka est gay et ses relations amoureuses se finissent toujours mal, ce qui ne l’empêche pas de toujours garder le sourire. Pour cela, Naoki n’a jamais pu le comprendre, d’autant plus qu’il ne rate jamais une occasion pour le draguer. Mais un jour où Chizu est très fiévreuse, Naoki doit la récupérer alors qu’il est en plein travail et loin de chez lui. Yoshioka lui propose alors de l’héberger chez lui avec sa fille, car il habite tout juste à côté du restaurant et du jardin d’enfant. N’ayant d’autre solution pour le moment, Naoki finit par accepter. Commence alors une vie à trois où Naoki découvrira très vite la formidable mais aussi très triste et solitaire personne qu’est Yoshioka."

Avis

Alors que Daddy, please fall in love n'était pas encore sorti, le seul titre qui traitait de l'homo-parentalité sur le marché français était alors Amour Sincère. Pour ma part, j'ai découvert ce titre là après Daddy, please fall in love. Pour les personnes n'ayant pas lu ma critique sur ce manga, je résumé très brièvement : Daddy, please fall in love possédait un graphisme agréable à l’œil, mais l'histoire gâchait l'ensemble du manga ; trop rapide, irréaliste, sachant qu'un thème comme l'homo-parentalité est un thème important qui ne devrait pas être pris à la légère. Ma lecture s'était donc achevée sur une note assez amère.

J'attendais donc beaucoup d'Amour Sincère ; de part ces deux tomes qui pourraient permettre une bonne évolution de l'histoire, et de part son thème que je trouve très intéressant. J'ai donc été très agréablement surprise par ce titre. Le graphisme n'est pas révolutionnaire, le dessin reste basique, avec quelques fois de grandes ressemblances entres les personnages. Cela dit, j'ai bien apprécié ce trait, sans pour autant tomber sous le charme du style de l'auteure.

On découvre alors durant ces deux tomes la vie difficile de Ôsawa, divorcé et père d'une petite fille. Entre son travail, sa fille, et les obligations de la vie, il ne prend plus de temps pour lui, et se laisse finalement aller dans une routine quotidienne dans laquelle son propre plaisir est absent. Lorsque sa fille tombe malade, Ôsawa est obligé d'accepter l'aide de Yoshioka bien malgré lui. Yoshioka, c'est le client dépravé du restaurant dans lequel il travaille. Il lui parle constamment de ces conquêtes masculines, car celui-ci ne s'est jamais caché être gay jusqu'aux ongles. Ôsawa connaît donc toute la vie sexuelle de l'homme, et se retrouve à partager l'appartement de celui-ci avec sa fille fiévreuse. S'en vient alors, durant les jours et semaines à venir, une douce parade amoureuse, où Yoshioka tentera de séduire le jeune père hétéro. Le plus frappant dans ces deux titres, c'est la manière dont l'auteure arrive à peindre la réalité ; l'histoire, lente, nous entraîne dans le quotidien banal des deux hommes. C'est réalisé d'une manière à ce que ça ne soit jamais ennuyeux. Bien que la plus part des scènes se déroulent soit dans l'appartement de Yoshioka, soit le restaurant où travaille Ôsawa, on est happé par l'histoire sans s'ennuyer.

 

Certaine personne pourrait reprocher la lenteur de l'intrigue ; or je protège farouchement cette manière de développer l'histoire. L'auteure nous propose un manga proche de la réalité, mettant en scène le quotidien de personne ordinaire. La vie, de manière générale, s'approche d'un long fleuve calme; on vit (pour la plus part) tranquillement, sans événement extraordinaire et sans péripéties de films d'actions. C'est ce que appréciais dans « Amour Sincère » et que je reprochais à Daddy, please fall in love. L'histoire est réaliste, elle est assez longue pour permettre un bon développement des personnages. Que ce soit Ôsawa, qui déchiré entre sa fille et ses responsabilités cherchent à faire le meilleur choix pour l'avenir de son enfant ; Yoshioka, éternel coureur de jupon qui réalise finalement que tous les hommes ne lui tombent pas dans les bras, encore moins quand il s'agit de celui qui lui plaît tout particulièrement ; ou encore Chizu, cette petite fille vivant avec son père, mais aimant et pardonnant à sa mère qui l'a abandonné. Très mature, elle cherche à être le moins possible une gène pour son père. Le titre prend alors tout son sens : Amour sincère décrit d'une manière très douce la naissance d'un amour « pur » entre deux hommes.

 

Bref, après ma petite déception avec Daddy, please fall in love, ce titre est accueillie avec beaucoup de plaisir ! Je suis très contente de ma lecture, et ne regrette absolument pas les deux tomes qui sont très plaisants à lire.