Love Monster

   

 

Synopsis

"Jusqu’à ce qu’Itsuki déclare ses sentiments à Akira, celui-ci l’avait toujours considéré comme son petit frère. Malgré cette déclaration, leur relation ne change pas, et Itsuki semble s’en satisfaire en attendant de voir un jour les sentiments de son ami évoluer. Cette attitude irrite de plus en plus Akira qui ne comprend pas comment Itsuki peut faire comme si rien ne s'était passé. Les sentiments avoués étaient-ils vraiment sincères ?"

Avis

Love Monster est le deuxième manga paru chez Taifu de Mio Junta, mangaka à la popularité grandissante. « Best Ending » ne m'avait pas forcement beaucoup emballé, car après avoir lu quelques scans anglais, j'étais arrivée à la conclusion que l'histoire n'allait pas être celle qui révolutionnerait le genre. Cette fois-ci, je me suis procurée Love Monster, l'occasion de voir un peu le travail de Mio Junta.

Il est clair que le point fort de ce manga, c'est le trait de très bonne qualité de l'auteure. Graphiquement, tout est beau, presque un peu trop d'ailleurs. Les personnages, aux allures de bishos, pourraient tous se tenir tête dans un concours de beauté. On a affaire à de véritables mannequins, que ce soit du côté des ukes que des semes. Mais ne vous attendez pas à voir des hommes très virils, les personnages restent assez mignons. Les trames sont très bien gérées, donnant des petits cotés « shojoesque » aux planches, mais c'est fort appréciable, si on a pas peur du «too much » . De toute manière, ce rose fort agressif de la couverture indiquait le ton avant même l'ouverture du manga ; ce sera niais, niais, et encore niais.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que Love Monster n'échappe pas à mes inquiétudes. Il s'agit là d'un petit recueil de nouvelle, puisque celui-ci compile à l'intérieur trois histoires différentes, dont les deux premières quelques peu liées.

La première, résumée à l'arrière du manga, nous parle d'Akira, étudiant à la fac, qui donne des cours du soir à son ami d'enfance, Itsuki. Lorsque celui ci déclare son amour à Akira, le jeune homme est désemparé, et incapable d'y répondre. Pourtant, la situation fini par évoluer, sans déplaire à Itsuki qui dévoile à la fin son jeu. L'ensemble est très vite expédié, sans peu d’explication et de péripéties, les deux protagonistes se retrouvent à coucher ensuite quelques pages plus tard sans réel avancé de l'histoire.

La seconde nouvelle, parle cette fois-ci d'un ami du lycée d'Itsuki, Ryô, qui tombe après l'une de ces bagarres sur Iwase, un camarade de fac d'Akira. Ryô, appreciant le caractère un peu « prince charmant » d'Iwase, profitera alors de la situation pour le faire tomber dans ses filets. A la manière de la première, celle-ci est presque risible tant les situations manquent de réalisme. Ryô, alternant entre un côté adorable et fragile, et un caractère bien plus brutal et bagarreur, manque cruellement de profondeur, et Iwase me donne une irrésistible envie de le baffer face à son côté trop passif lorsqu'il découvre le véritable caractère de Ryô.

La dernière avec laquelle la niaiserie atteint sûrement son paroxysme, « Love Attack », s'attarde sur deux jeunes étudiants en médecine, qui après un gokon qui à mal tourner, s'impose un petit jeu de séduction. Minami, le beau et ténébreux élève modèle, doit réussir à séduire Adachi, impulsif et plutôt crâneur auprès des filles. Son rêve, réussir à sortir avec une jolie infirmière. Mais de son côté, Minami s’attelle plutôt bien à la tâche, afin de réussir à faire tomber Adachi dans ces bras… Cette dernière fut pour moi la difficile à lire. Au final, j'ai préféré la prendre comme une nouvelle comique pour éviter d'être consternée. J'ai au moins eut l'occasion de bien me marrer devant.

« Love Monster » prend alors tout son sens. Ici, nous avons le droit à un ensemble de nouvelles avec au moins un personnage possédant différentes facettes. Se montrant très mignon et agréable, ils peuvent aussi devenir tyrannique et désagréable dès que cela leur chante. Sans que personne n'ait quoi que ce soit à redire, surtout au niveau des pauvres victimes qui supportent leur humeur fracassante. Ce manga compile donc l'ensemble des clichés que j'aurai aimé ne plus voir dans un yaoi. Les hétéros qui retournent leur veste avec trois pages de séduction, des scènes de sexes sans explications, juste pour satisfaire le coté fan service.

Bref, un manga tout à fait dispensable, que l'on appréciera plus pour son style graphique que pour la profondeur de son histoire. C'est dommage de voir qu'en 2015, Taifu sort encore des titres aussi bourrés de clichés et pratiquement dégradant pour le genre du boy's love. Sachant qu'il existe des dizaines d'auteures très appréciées au japon pour la qualité de leurs œuvres, et qui attendent de pouvoir conquérir les sols français.

Decembre 2015