Twittering birds never fly

    

Avis

"Yashiro est un yakuza qui est depuis son adolescence secrètement amoureux de son ami Kageyama. Assoiffé de sexe, il est également un masochiste. Se présente alors dans son bureau Doumeki Chikara, un ancien policier récemment sorti de prison, afin de devenir le garde du corps de Yashiro. Cependant, Doumeki est devenu impuissant à la suite d’un certain événement. Malgré cela, Yashiro se prend d’affection pour ce dernier, qui va rapidement être le seul à réellement comprendre le yakuza."

Avis

(Quand j'apprends que Kou Yoneda sort enfin une série plutot qu'un one shot)

Si toi qui lis cette chronique tu as une certaine expérience en matière de lectures boy's love, le nom de « Kou Yoneda » ne devrait pas t'être complètement inconnu. Et si au contraire, tu ne fais que débuter dans cette noble activité qu'est celle du yaoi, je te conseille de prendre deux minutes pour me lire, et découvrir le travail de cette mangaka. Kou Yoneda fait parti des auteures qui, pour moi, sont à présent des légendes dans l'univers du boy's love. A la manière de Rihito Takarai, Guilt Pleasure ou encore Hinako Takanaga, cette auteure a su transporter à chacun de ses récits, et elle continue encore de le faire avec Twittering birds never fly.

Au premier abord, le trait de cette auteure peut sembler quelque peu atypique. L'ensemble de ses dessins sont très fins, avec des visages simples, sans artifices. L'ensemble s'approcherait plus d'un dessin réaliste, ou du moins loin des habituels designs de manga. C'est tout ce qui fait le charme de cette auteure selon moi, avant même d'avoir pris le temps de se pencher sur ses histoires ! Après, je cautionne parfaitement que dans ce genre de style, soit ça passe et on est conquis par l'univers graphique, soit on apprécie vraiment, mais alors vraiment pas.

 

Twittering birds never fly nous dépeint la vie mouvementée de Yashiro, patron d'un clan de yakuza et de la société de finance Shinsei. L'homme est quelqu'un d'impitoyable, et surtout, très lisse. On nous le présente dès le début sans aucun sentiment, plutôt du genre à être blasé de la vie. C'est au fur et à mesure de la lecture que l'on découvre l'origine de cet état d'esprit, le pourquoi du comment de son côté totalement dépravé et sexuellement dévergondé. Autant dire que Yashiro est lui aussi un personnage pour le moins atypique. Il n'est pas rare d'avoir affaire à des yazukas dans les mangas boy's love, car c'est un monde sans pitié propice à différents fantasmes amenant à des histoires de ce genre… Mais Yashiro est quand même un bonhomme à part. Son côté coquille vide est pour moi, absolument flippant ! Il semble avoir déjà été complètement pourri par la vie, qu'on ne peut s'empêcher de ressentir de la peine pour lui… Alors que d'un côté, il se comporte comme un véritable connard. L'arrivé de Dômeki ne change pas grand-chose à cela. Au contraire, Yashiro semble prendre un malin plaisir à pousser son garde du corps à sa limite, avec diverses allusions perverses et provocantes comme à son habitude. Dômeki sort à peine de prison, pour une raison que nous découvrirons au fur et à mesure de la lecture. Avec un tel passé, il est difficile pour lui de retrouver un travail, et se retrouve donc à devoir protéger Yashiro. C'est un personnage obéissant de part son ancienne fonction, et à la fidélité implacable. Plusieurs autres personnages gravitent autour du « couple » phare de Twittering birds never fly. On a par exemple Kageyama, ami d'enfance à Yashiro, médecin s'occupant des petits bobos des sbires de son ami. Il a même le droit à une petite histoire en ouverture du tome 1, durant laquelle on découvre son histoire d'amour tumultueuse avec un jeune homme fougueux. C'est un personnage intéressant, que ce soit pour lui même, ou aussi pour en apprendre un peu plus sur le passé de Yashiro. 

 

 

Alors finalement, niveau histoire, qu'est-ce que ça vaut ? Et bien, c'est bon, super bon ! Comme à son habitude, Kou Yoneda nous livre des histoires très ancrées à la réalité. On se retrouve avec un flot de sentiment qui nous emportent avec eux… Un grand art ! Le récit prend le temps de se réaliser, avec des situations censées, deux hommes blessés par la vie qui viendront à petit à petit s'ouvrir l'un à autre.. C'est très intéressant, car on suit le monde des yakuzas. On découvre les négociations de Yashiro, leur petit train de vie, à la fois dans son appartement qu'en sortie en ville. Dômeki ne devant pas quitter son patron, ça nous donne plein de situations différentes, à la fois triste, ou comique. On découvre le dessous de ce genre d'organisation, au delà de la simple peur qu’entraîne les yakuzas, le quotidien de ce patron quelque peu inhabituel qu'est Yashiro. L'auteure brise alors les clichés habituels du yaoi pour nous offrir cette magnifique œuvre. Bref, un véritable bijou ! C'est le genre de manga pour lequel j'ai du mal à trouver une bonne argumentation, tant je les porte dans mon cœur, et tant je ne pourrai jamais être objective devant eux. J’attends bien entendu la suite de l'histoire pour voir comment tout ceci évoluera !

Novembre 2015

×