Prince Captif

  

Synopsis

"Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi. Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s'allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume. Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l'homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr..."

Avis

Grande amatrice de fantaisie et d’univers vaste, je n’ai pu qu’apprécier Prince captif, dont le nom m’évoquait déjà, avant même d’avoir ouvert le bouquin, une belle escapade au cours de ma lecture… A l’heure où j’écris cette chronique, le troisième et dernier tome n’est pas encore sorti, car il ne pointera le bout de son nez qu’au mois de Juillet, à mon plus grand malheur.

L’univers de Prince captif est riche et très exotique. On se retrouve plongé dans un mélange d’Egypte et de Grèce antique, où les pauvres vivent dans des villages très simples, alors que les riches et les aristocrates se prélassent dans un surplus de luxe. Les coutumes sont elles aussi bien différentes de celles que nous connaissons dans notre société actuelle, que ce soit du côté du royaume d’Akielos dont provient Damen, que celui de Vere où Laurent est le prince et futur roi. D’un côté, Akielos semble très influencé par un côté oriental, avec son architecture et ses habitats à la peau d’ébène et aux cheveux noirs ; A l’inverse, les habitants de Vere et les cheveux souvent blonds auraient tendance à me faire penser à une civilisation beaucoup plus « nordique ». Un peu réducteur certes, mais cette impression ne m’a jamais quitté durant ma lecture.

 

 

Le personnage de Damen m’a beaucoup plu. Alors qu’il était prince et dévoué à son pays, il se retrouve relayé au rang d’esclave de plaisir, et qui plus est, envoyé dans le pays ennemi. Lui qui avait connu les hauts statuts, se retrouvait à devoir ramper devant le prince de Vere… Tout en gardant son identité secrète, afin d’éviter les pires horreurs si on venait à découvrir que l’un des princes d’Akielos était en terre ennemie. De là, on comprend sans mal cette frustration de se sentir si faible, son caractère rebelle et insoumis, lui attirant les foudres de nombreuses personnages autant qu’il attire la curiosité et la convoitise. Car face à la personne de Laurent, il est bien difficile de garder son sang-froid. En effet, le seul et unique héritier de la couronne de Vere depuis que Damen a tué, lors d’une bataille, le fils ainé, est un être assez singulier. Je n’ai rarement vu une personne aussi froide, cruelle, insensible et méthodique. Damen le compare souvent à un serpent à sonnette, ou une panthère, prêt à te sauter dessus à la moindre occasion. Peu de chose semble le déstabiliser, car Laurent prépare toujours ses plans à l’avance ; quelques soit l’issue que prendra l’histoire, c’est à croire que le jeune homme y était déjà préparé.

 

 

Face à deux personnages aussi différents, leur relation n’est pas de tout repos. Damen devant obéissance et soumission à Laurent, alors que celui-ci prend un malin plaisir à le lui rappeler et à se pavaner avec cet esclave dit « insoumis ». Pourtant, il est intéressant de voir qu’au cours des deux premiers tomes, leur relation évolue. Certes, ne vous attendez pas à voir une progression de folie… Mais elle est là, et on vibre avec Damen au fur et à mesure des pages. On a peur des réactions de Laurent à chacune des phrases qu’il prononce, on a peur à chacun des personnages qu’il rencontre et qui pourrait bien lui planter un couteau dans le dos… On vit très bien les scènes, que ce soit les scènes de combat très nombreuses dans ces deux volumes, ou les scènes érotiques, tantôt sensuelles, tantôt bestiales suivant les personnages. Prince Captif nous conte aussi cette guerre des royaumes se préparant entre Akielos et Vere, ce qui veut donc dire beaucoup de vocabulaire militaire, et de tactiques préparant au combat. C’est un récit complet qui ne s’attarde pas seulement à la relation entre nos deux protagonistes, mais aussi aux guerres, à la vie en général d'un esclave dans le royaume de Vere, entremêlée de viols, meutres, complots.. La fin du tome 2 est horriblement frustrante, et nous laisse dans une attente haletante... Vivement juillet pour connaître la suite des aventures de Damen…

Si vous appréciez les récits fantasy, vous ne pourrez qu’accrocher à Prince Captif. De plus, la version poche, plus petite, plus concentrée et forcément moins chère, sort d’ici quelques semaines… Histoire de pouvoir s’ouvrir à un public plus diversifié !

Chronique du tome 3

 

NB : Les illustrations viennent de l'édition japonaise, illustrée par Kurahana Chinatsu

Avril 2016

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