Je suis un monstre

  

Synopsis

"Je suis un monstre. C’est le nom qu’on me donne, l’étiquette qu’on me colle. Le mot qu’on me jette à la figure chaque fois qu’on me voit. Et on me voit beaucoup, on me voit partout. Télé, radio, journaux, on ne parle plus que de moi. On ne pense qu’à moi. Un monstre... étymologiquement, celui qu’on montre. Mon visage hante vos consciences. Peut-être bientôt sera-t-il présent dans le dictionnaire, parfaite illustration du mot cruauté. Ou du mot souffrance. Car les monstres naissent dans la douleur et de la douleur, c’est bien connu. Les psychanalystes diront que c’est la faute de Maman ou encore des jeux vidéo. Ils se trompent. Tout est de votre faute. Pourrez-vous l’assumer ?"

Avis

Je suis un monstre est une lecture atypique et… étrange. J’avais entendu tellement de chose de ce titre et justement si peu à la fois. De plus, même le synopsis n’en dévoilait que très peu. Je me suis donc lancée dans cette lecture sans vraiment savoir ce qui m’attendais. Et finalement… Peut-être que j’aurai dû être un peu plus prévenue.

Je suis un monstre n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains. Il est dur à lire, un peu à la manière comme Le corps exquis même si ceux-ci racontent deux choses bien différentes selon moi. Ce livre raconte comment, d’un seul enfant, on peut amener à devenir un être différent, de ce qu’on appelle un psychopathe. Une condition familiale déplorable et beaucoup de malchance ont façonné la vie d’Edselias. Le plus terrible, c’est que ce Edselias pourrait être l’un de nous. Il n’a pas grand-chose qui le diffère des personnes que nous côtoyons chaque jour. Et c’est ce qui le rend terrifiant.

Je suis un monstre prend aux tripes. Il te retourne l’estomac et te serre la gorge. Je me suis souvent sentie mal à l’aise, perdue durant ma lecture. Celle-ci s’est d’ailleurs déroulée sur de nombreuses semaines. C’est le genre de livre que j’ai du mal à avaler d’une traite tant les sensations sont intenses. J’avais besoin de souffler entre plusieurs chapitres et de lire quelque chose de beaucoup plus doux pour tout atténuer.

Mais malgré tout cela, ce livre nous conte une histoire d’amour. Dans le genre que peu de personnes ne connaissent, celle empoisonnée et destructrice qui balaie tout sur son passage. Celle qui n’est quasiment pas charnelle, celle qui tourmente les protagonistes et les fait tomber à la limite de la folie. Ce genre d’histoire d’amour qui nous ai peut-être difficile à concevoir de notre côté, mais qui, avec la délicieuse plume de Nott Keren, nous donne l’impression de comprendre Edselias. Après, je le répète, ne partez pas sur ce livre sans être avertie. Il y a entre ces pages beaucoup de violence, de sang, de meurtre, et surtout, de haine. A l’état pure, une haine pour l’humanité tellement forte qu’elle nous retourne.

Si vous cherchez à bousculer vos habitudes littéraires, alors oui, ce titre peut –être fait pour vous. Seulement si vous avez pris conscience

Pour ma part, c’est le genre de lecture que j’aime rarement faire, car trop perturbante pour me sentir bien après un tel moment. Mais il est pourtant si bon d’être tiré de son petit confort.

Octobre 2016