Une nouvelle vie

  

Synopsis

"La médecine a considérablement évolué : les maladies ont presque disparu, quasiment toutes les blessures se guérissent et, grâce au traitement du professeur Calway, la vieillesse n’existe plus. Bien loin d’être paradisiaque, ce futur est un enfer surpeuplé. Pour René et Ludovic, se construire une famille sera la consécration de leur couple. Mais le sénateur Riboglioni, l’employeur de René, cherche à faire passer une nouvelle loi visant à limiter les naissances."

Avis

Une nouvelle vie fut une délicieuse lecture coup de poing. Comme souvent avec les récits que proposent les éditions YBY. C’était à la fois beau, et terrifiant. Terrifiant de voir ce qu’était devenu notre monde. Loin d’un univers idyllique, alliant technologie et monde merveilleux comme certain récit futuriste le décrive, ici, dans Une nouvelle vie, bien que la terre n’ait jamais été aussi surpeuplée, celle-ci semble morte. Du moins, ses habitants, qui, pouvant survivre à toutes maladies, s’entassent sur ses hectares carrés délimités. La pauvreté, la famine, le manque d’eau, de tout, la surpopulation… C’est horriblement angoissant et donne un sentiment de malaise tout le long. Surtout quand on remet ça à notre condition : est-ce qu’un jour nous connaitrons aussi un tel niveau de misère ? Serons-nous obligés de pratiquement nous entretuer pour manger, de vivre dans des boites de conserves, entassés les uns sur les autres ? Moi je ne sais pas pour vous, mais ça me fait vraiment flipper, et c’est pas ce genre de récit qui me rassure.

La position de René dans ce monde est des plus délicate. On s’attache d’ailleurs davantage à lui comme c’est le personnage que l’on suit, qu’à son compagnon, Ludovic, qui reste un peu plus effacé dans le récit. L’histoire est très intéressante, bien que j’ai trouvé quelques dialogues assez faux, notamment ceux qui nous permettaient d’en apprendre un peu plus sur le monde dans lequel vit les personnages. Dans un texte aussi court, et un monde aussi riche, il fallait forcement redoubler d’ingéniosité pour nous en apprendre au plus possible. Entre le travail de René, leur couple, et les problèmes extérieurs qu’ils rencontrent, le récit est en perpétuel mouvement. Une véritable course contre la montre, que ce soit pour cette histoire de bébé, ou même pour ce monde en pleine suffocation, terminant en boucle infernale d’où le personnage ne semble plus pouvoir s’en tirer. J’ai vraiment beaucoup aimé, surtout la fin, dans un ton différent de l’ensemble de l’histoire.

C’est typiquement le genre d’histoire que j’aurai aimé voir s’éterniser sur quelques dizaines voir centaines de pages. Car au final, on sent qu’on effleure à peine la surface de ce monde. Il y a encore tellement de questions que je me pose… Une très bonne lecture qui fait réfléchir, et que je vous conseille donc vivement.

Septembre 2016

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